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ANDRÉ BRETON - "NADJA"


"Tout à coup, alors qu'elle est peut-être encore à dix pas de moi, venant en sens inverse, je vois une jeune femme, très pauvrement vêtue, qui, elle aussi, me voit ou m'a vu. Elle va la tête haute, contrairement à tous les autres passants. Si frêle qu'elle se pose à peine en marchant. Un sourire imperceptible erre peut-être sur son visage." p.72


Ma découverte de l'auteur


Souvent considéré comme chef de file du mouvement surréaliste, André Breton s'est principalement illustré au vingtième siècle grâce à ses essais, poésies et récits divers.

Comme tous les étudiants de ma génération, j'ai partiellement analysé son œuvre à l'école mais je ne l'ai jamais explorée de manière exhaustive. La découverte de "Nadja" me permet de remédier à cette lacune mais également de compléter une nouvelle catégorie du défi lecture 2022 auquel je participe.


Mon résumé


Un matin d'octobre 1926, André Breton croise une jeune femme dans les rues de Paris et ne peut s'empêcher d'engager la conversation avec elle. Pour ce couple improbable, cette rencontre signe le début d'une relation aussi brève qu'intense et subversive. Pendant plusieurs jours, ils se retrouvent dans diverses brasseries de la ville et entament de longues discussions animées autour de sujets tels que l'art, le quotidien et les épreuves de la vie.


Les points positifs


Ce récit autobiographique se sépare en trois parties totalement distinctes par leur contenu et leur longueur (soixante-deux, cent-deux et dix-huit pages). De fait, la première consigne des anecdotes, rencontres ou considérations censées éclairer le lecteur sur la personnalité de l'auteur. Dans la seconde, celui-ci relate de manière froide et détachée ses différents rendez-vous avec Nadja. Dans la dernière, il s'interroge finalement sur le rôle d'un livre une fois son écriture terminée.

Au départ, j'ai vraiment eu beaucoup de mal à avancer dans cette lecture en raison des considérations artistiques et philosophiques d'André Breton. Les longues phrases peu compréhensibles m'ont rapidement perdue et je n'en ai pas systématiquement compris le sens. En revanche, j'ai bien aimé la seconde partie concentrée sur sa découverte de Nadja. Les quelques indications temporelles présentes donnent un cadre aux événements et permettent au lecteur de se focaliser sur les personnages.

J'ai d'ailleurs rapidement été fascinée par la personnalité de Nadja, changeante, excessive et parfois complètement loufoque. André Breton reste quant à lui un protagoniste simplement suggéré et très peu brossé. Narrateur, il ne s'intéresse pas à sa propre personne et se concentre intégralement sur cette mystérieuse jeune femme.

Enfin, j'ai apprécié l'ajout d'images basées sur le texte ; par moments, plusieurs d'entre elles s'enchaînent et offrent un peu de répit au lecteur tandis que d'autres fois, elles se raréfient et laissent libre cours aux mots choisis par l'auteur.


Les points négatifs


Même si j'ai bien aimé la partie intermédiaire, j'ai surtout peiné à arriver au bout des deux autres sections. Je n'ai pas du tout accroché au soliloque d'André Breton, pour moi parfois entièrement dénué de sens. Le manque d'aération du texte m'a également donné du fil à retordre.


La durée de ma lecture


Cinq jours.


Ma note


Une œuvre surréaliste à découvrir mais un rendez-vous manqué pour moi : 2.5/5.


Informations de publication


1972, Gallimard, Folio, 189 pages, ISBN 2-07-036073-3.

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