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CÉLINE DENJEAN - "MATRICES"


"J'ai la nausée à cause du goût poussiéreux du vieux drap dans ma bouche - bâillon improvisé, pour juguler le hurlement qui se fracasse dans tout mon être. Et, dans l'horreur qui m'enserre comme un suaire de glace, l'espace d'un instant, je me déteste plus encore que je déteste cette ordure de violeur. Parce que je me surprends à redouter que les sanglots d'Hellen cessent... Que la fin de son calvaire annonce le début du mien..." p.106


Ma découverte de l'auteure


Lors d'un passage à la librairie il y a deux ans, je suis tombée sur un thriller intitulé "Le cheptel". Intriguée par la couverture et sa quatrième, j'ai littéralement dévoré ses mille pages en deux jours. Céline Denjean s'est dès lors imposée parmi mes auteurs préférés.

Grâce à un concours organisé par Babelio, j'ai eu la chance de recevoir le dernier livre de l'auteure et même de la rencontrer pour en discuter. J'ai vraiment vécu une expérience unique pour laquelle je remercie encore une fois Céline, Babelio et les éditions Marabout. Si vous voulez en savoir plus, je vous dépose un petit bonus en fin d'article !


Mon résumé


Un soir de tempête, une jeune femme enceinte et trop peu habillée traverse la forêt au péril de sa vie. Aveuglé par le mauvais temps, le conducteur d'une camionnette ne l'aperçoit pas à temps et la percute, entraînant sa mort et celle de l'enfant à naitre.

Le major Louise Caumont et son équipe héritent de cette affaire bien plus compliquée qu'il n'y paraît. De fait, personne ne réclame le corps et son identité reste dès lors inconnue. En remontant la piste d'une étrange marque imprimée sur l'épaule de la victime, Louise soulève une hypothèse à la fois improbable et terriblement cohérente : le trafic de mères porteuses.

ATTENTION SPOILER : et si son intuition ne la trompait pas ? Comment réagirait-elle au vu de sa propre histoire ? Une fois le doigt dans l'engrenage, impossible de l'enlever sans causer de dégâts.


Les points positifs


Dans ce livre, les soixante chapitres numérotés sont brièvement résumés par un mot aligné à droite de la page. Très courts, ils s'enchaînent rapidement et ne laissent aucun répit au lecteur en maintenant un niveau de tension très élevé. Il en va de même pour les points de vue, qui alternent successivement entre police, malfrats, victimes et clients. Ces changements apportent une touche de réalisme au récit raconté à travers les yeux de différents personnages. Ces derniers semblent tour à tour attachants, effrayants ou carrément détestables et creusent un écart important entre les "bons" et les "mauvais". Cependant, certains restent difficiles à cerner et gravitent dans le flou entre ces deux extrêmes, laissant le lecteur sur ses gardes.

En outre, même si les diverses histoires gravitant autour de l'enquête criminelle paraissent sans lien au départ, elles finissent par se rejoindre grâce à un suspens parfaitement bien ménagé. Les révélations, justement dosées, jalonnent le roman.

Enfin, j'ai réellement apprécié le traitement du thème principal, à savoir le trafic d'êtres humains. Il s'agit d'un sujet récurrent chez l'auteure mais celle-ci trouve toujours un moyen de se réinventer et de sortir des sentiers battus.


Les points négatifs


Malgré tous ces points positifs, j'ai ressenti un peu moins d'enthousiasme que lors de ma lecture du troisième roman de l'auteure : "Le cheptel".


La durée de ma lecture


Deux jours (sprint pour la rencontre avec Céline Denjean).


Ma note


Un récit réaliste terriblement glaçant : 4/5.


Informations de publication


2022, Marabooks, Romans, 368 pages, ISBN 978-2-501-16080-3.


BONUS


Le vingt-deux mars, j'ai eu l'immense chance et plaisir d'échanger avec Céline Denjean au sujet de son nouveau livre (et pas que). En plus des photos que vous pouvez observer juste après, voici quelques réflexions ou idées qui m'ont marquée lors de cet entretien.












"C'est un défi pour moi et pour les lecteurs d'introduire une nouvelle héroïne."

"Les gens veulent "leur" enfant par tous les moyens

et cette thématique entre en résonance avec Louise."

"Le "je" représente la voix d'Obi mais aussi celle de toutes les autres."

"Le décor est présent mais je ne le considère pas

comme un personnage, plutôt comme une toile de fond."

"Le trafic d'êtres humains me glace plus que les prédateurs isolés,

il est organisé, froid, c'est du business."

"Le polar est le genre le moins permissif en termes de réalisme

car le lecteur veut du réel."

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